Séance couple : comment s'y préparer quand on déteste être pris en photo
La plupart des gens sont mal à l'aise devant un objectif. Ce qui se passe pendant une séance, et pourquoi la gêne disparaît plus vite qu'on ne croit.

« On n'est pas photogéniques. » C'est la phrase que j'entends le plus souvent, presque toujours au début, et presque toujours par les deux en même temps.
Elle est fausse dans neuf cas sur dix. Ce qui est vrai, en revanche, c'est que personne n'aime être regardé fixement pendant une heure. La différence tient entièrement à la manière dont la séance est menée.
Ce qui se passe vraiment pendant une séance
Les dix premières minutes sont les plus difficiles, pour tout le monde. On marche, on parle, on ne pose pas. Je photographie déjà, mais ces images-là ne sont presque jamais celles qui restent — elles servent à ce que l'appareil devienne un objet ordinaire.
Ensuite, la séance ressemble à une promenade avec des arrêts. Je donne des indications simples et concrètes : marchez vers cet arbre, arrêtez-vous, regardez-vous. Jamais « soyez naturels », qui est l'instruction la plus paralysante qui soit.
Choisir le lieu
Le plus beau lieu n'est pas toujours le bon. Trois critères, dans cet ordre :
- Un endroit qui vous concerne. Le quartier où vous vivez, le parc où vous vous êtes rencontrés, la maison de famille. Les images y gagnent une raison d'exister.
- Peu de monde. Un lieu magnifique et bondé produit des photographies contraintes : on attend, on se cache, on se dépêche.
- De la place pour marcher. Un décor unique tourne vite en rond ; un chemin de quelques centaines de mètres offre dix arrière-plans différents.
Le moment de la journée
La lumière de fin de journée, une heure avant le coucher du soleil, est la plus flatteuse : elle est basse, chaude, et ne creuse pas les visages. C'est le créneau que je propose par défaut.
L'heure suivant le lever du soleil offre la même qualité de lumière avec l'avantage décisif d'être complètement déserte. Elle demande seulement de se lever tôt.
À éviter : le milieu de journée en été. Le soleil au zénith crée des ombres dures sous les yeux, et fait plisser tout le monde.
Les tenues
Une règle simple : habillez-vous comme vous vous habillez. Une tenue qui ne vous ressemble pas se voit, non pas sur le vêtement, mais sur la posture.
Ce qui fonctionne bien :
- des couleurs unies ou peu contrastées, dans une même famille pour les deux ;
- des matières qui bougent — lin, laine, coton épais ;
- des chaussures dans lesquelles on peut marcher longtemps.
Ce qui pose problème :
- les motifs serrés (rayures fines, petits carreaux), qui créent un moirage à l'image ;
- les logos visibles, qui datent la photographie ;
- le blanc pur et le noir profond côte à côte, difficiles à exposer ensemble.
Deux tenues suffisent largement pour une heure. Trois, c'est du temps passé à se changer plutôt qu'à être photographié.
Si vous êtes vraiment mal à l'aise
Dites-le d'emblée. Ce n'est ni rare ni gênant, et cela change la façon de mener la séance : on commence en marchant, dos à l'objectif, on parle davantage, on photographie les mains, les détails, les gestes avant les visages.
Le moment où les gens s'oublient arrive presque toujours. Il faut simplement lui laisser le temps de venir.
Après
Les photographies sont livrées dans une galerie en ligne sous deux semaines. Vous choisissez ce que vous en faites : tirages, album, faire-part.
Pour voir à quoi ressemblent ces séances, parcourez le portfolio. Pour réserver, décrivez votre projet ici.


